Solidarites iran38

Pour la liberté d'expression, de communication en Iran, en France et dans le monde.

Aider les Iraniens à communiquer: TEHRAN, GMT +3.30.

source: http://iran.sharearchy.com/index.fr.html

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N’identifiez pas les Iraniens par prénom, nom de famille, nom d’ordinateur, ou autre nom. Vous pouvez risquer leurs VIES.

Vous pouvez me contacter ici ou sur Google Chat par isbfii@gmail.com

Je cherche des traducteurs qui peuvent traduire ce site web dans d’autres langues. SVP, contactez-moi si vous pouvez m’aidez!

Si vous êtes en Iran, et que vous voulez évitez les pare-feux, contactez:

  • Austin Heap. Il peut vous fournir des VPNs (multi-gigabit) gratuits Contactez-le ici!

  • Si vous avez besoin de “tweet” rapidement, essayez ceci (http://twitter.com/iranproxy)
  • Essayez d’accéder à Internet avec Tor (http://torir.org/) c’est anonyme et crypté.
  • Vous trouverez des intructionsici (‘http://schattenschreiber.org/diary/2009/06/16/help-for-iran/ ‘)pour utiliser SSH (fiable, même avec des connexions lentes!)
  • Contactez Austin Heap sur twitter ou par email pour avoir une liste privée de serveurs proxy.
  • Nous contacter par email si vous voulez une application Windows pour vous permettre de vous connecter sans risque à des serveurs proxy.

Aider les Iraniens a communiquer:

Directives de Twitter — Règles pour les cyber-guerres

Via BoingBoing (http://www.boingboing.net/2009/06/16/cyberwar-guide-for-i.html): Le but de ce guide est de t’aider a participer de maniere constructive aux manifestations contre les resultats des elections en Iran par Twitter.

1. NE PAS publier les IPs des serveurs proxy sur Twitter, particulierement le mot-cle #iranelection. Les forces de securité surveillent ce mot-clé, et bloqueront les IPs des serveurs proxy en Iran des qu’ils les decouvriront. Si vous créez de nouveau serveurs proxy pour les bloggers en Iran, envoyez les informations concernant ces serveurs a @stopAhmadi ou @iran09 et ils le distriburont discrètement au bloggers en Iran.

2. Les seuls deux mot-cles légitimes utilises par les bloggers en Iran sont #iranelection et #gr88. L’utilisation de plus de mots-cles n’auront pour effet que de diluer la conversation.

3. Verifiez vos sources! Les forces de sercurité créent des comptes sur Twitter pour disséminer de la désinformation en posant en tant qu’opposants Iraniens. SVP ne re-tweetez pas sans essayer de confirmer que l’information est fiable. Les sources légitimes ne sont pas difficiles à trouver et à suivre.

4. Protegez les bloggers: changez vos informations vous concernant sur Twitter. Fait en sorte que votre localité soit TEHRAN et que votre fuseau horaire soit GMT +3.30. Les forces de sécurité cherchent les bloggers qui utilisent les cette localité et fuseau horaire. Si nous sommes tous ‘Iraniens’ il faut que nous soyons beaucoup plus difficiles a trouver!

5. Ne divulgez pas vos sources. Si vous decouvrez une vraie source, SVP ne publiez pas leur nom ou localité sur un site web. Ces bloggers sont en vrai danger. Soyez discrets dans vos propres réseaux mais pour faire en sorte qu’ils échappent au forces de sécurite. Les gens sont en vrai danger de mort la-bas..

Comment aider:

Mobilisez les masses)

Il y a beaucoup a faire!

  • Contactez les gens que vous connaissez a l’ONU ou au compagnies qui travaillent en/avec l’Iran. Demandez-les à pousser le gouvernement Iranien d’accepter des observateurs independants pour le recompte complet des votes.
    • Je n’ai pas des contacts immédiats pour vous, mais si vous trouvez des sources (numeros, adresses, et emails, envoyez-les moi.
  • Petition Khamenei via Amnesty International
  • Si vous trouvez des medias qui publient des noms de ressortissants Iraniens en Iran, appellez-les avec a ces numeros
    • (si vous trouvez des adresses email, SVP envoyez un email a ProtesterHelper)
  • Telecharger et répandez ce Torrent (http://torir.org/)
  • Joignez #iranelection sur irc.freenode.net
  • Discutez et obtenez l’aide sur ces forums en Anglais.(http://iran.whyweprotest.net/)
  • Changez votre fuseau horaire a celui de l’Iran (GMT + 3:30) et votre votre localité à une ville en Iran
  • N’identifiez pas les Iraniens par prénom, nom, ou autre nom.
  • Convainquez vos amis/famille/ toute autre personne à aider.

Technique: Comment creer un serveur proxy

Pour plus d’appui: Visitez Pourquoi nous protestons

Manuellement: Serveurs proxy SSL

Qu’en pensez-vous?

The Sharearchy offre cette site comme une partie neutre. Si nous avons une seule croyance, c’est que toute personne en Iran mérite d’avoir accès à l’information de manière égale, d’avoir une voix égale et liberté égale indépendamment de leur parti ou croyance politique. Ni Ahmadinejad ou Mousavi ne sont des saints. Leurs defenseurs ne devraient être ni des victimes ni des oppresseurs, mais les deux libre et égaux devant la loi. Ce n’est que justice..

Vraiment, nous voulons un arrêt de toute oppression, par tous, toujours. Tous peuvent repondre a leurs besoins et agir selon le Maximin standard of justice de John Rawls.

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- Serveur proxy http://fr.wikipedia.org/wiki/Proxy (“Un serveur mandataire ou proxy (de l’anglais) est un serveur informatique qui a pour fonction de relayer des requêtes entre un poste client et un serveur. Les serveurs mandataires sont notamment utilisés pour assurer les fonctions suivantes :

  • mémoire cache ;
  • la journalisation des requêtes (« logging ») ;
  • la sécurité du réseau local ;
  • le filtrage et l’anonymat.

L’utilité des serveurs mandataires est importante, notamment dans le cadre de la sécurisation des systèmes d’information.”)

OpenSSH

-Open SSH http://en.wikipedia.org/wiki/OpenSSH (‘OpenSSH (OpenBSD Secure Shell) is a set of computer programs providing encrypted communication sessions over a computer network using the ssh protocol. It was created as an open source alternative to the proprietary Secure Shell software suite offered by SSH Communications Security. OpenSSH is developed as part of the OpenBSD project, which is led by Theo de Raadt The project’s development is funded via donations.’)

- ftp://ftp.openbsd.org/pub/OpenBSD/OpenSSH/openssh-5.2.tar.gz

28 juin 2009 Publié par | 2009, Iran, Liberté de communication | , | Laisser un commentaire

La grande Révolution Numérique Iranienne : #iranelection, #iranians, #tehran

Source: http://grenoble.indymedia.org/2009-06-22-La-grande-Revolution-Numerique

Que les apparatchiks de la censure Numérique se rongent les ongles vient de prendre un nouveau chemin jusqu’ici insoupçonné, qui n’a plus rien à voir avec le Hacktivisme ultra-qualifié, isolé et marginal de ses dernières années. La révolution numérique ce n’est plus le Web 2.0, les réseaux sociaux et le micro-blogging, c’est l’utilisation de ces nouvelles structures virtuelles pour propager des informations comme media instantané, indépendant et participatif. En pleine révolution Iranienne, l’audience (si elle était comparable) de TWITTER explose celle de CNN ou de la BBC.

Il est devenu indéniable que le cheminement international de l’information ne passe plus par les réseaux de presse traditionnels. L’image qui restera comme le symbole de ce tournant historique, c’est très probablement la photo de ce photographe de l’AFP bloqué dans son hôtel de Téhéran, regardant d’un air désespéré son écran de télévision, pendant que les balles sifflent aux oreilles de manifestants pro-moussavi à l’extérieur.

Les journalistes sont devenus des cibles faciles dans les pays qui pratiquent la censure exacerbée. Les visas, les multiples autorisations, toutes ces interminables formalités par lesquelles il faut se plier pour pouvoir espérer réaliser un travail de terrain, sans être arrêté ou voir son matériel confisqué, sont autant d’indications qui permettent de localiser et de pister le reporter. C’est à dire contrôler ce qu’il fait, pour qui et surtout par quels moyens.

En Iran, les Hôtels ont été simplement encerclés par la police et les visas révoqués. Les journalistes étrangers téméraires trouvés dans les rues, sont malmenés et leur matériel est parfois détruit ou simplement confisqué. C’est arrivé à une équipe Italienne et Française, notamment. Il ne reste plus d’autres solutions pour les médias internationaux que d’aller piocher sur internet les images qui illustreront leurs propos. Jusqu’ici il y avait Youtube et Dailymotion. Depuis peu il y a Facebook, pour ceux qui l’utilisent, et très récemment Twitter. L’un est fermé aux “anonymous” , l’autre est ouvert et instantané.

Il n’en fallait pas plus pour que le gazoulli devienne un outil médiatique puissant. L’interface est très épurée et le fonctionnement plutôt simple, mais son incroyable succès provoque beaucoup de ce que l’on appelle “le bruit”. Explications : Twitter fonctionne par succession de petits messages, dans lesquels on peut imbriquer des expressions ou “tag”. Ces mêmes tags peuvent être listés en temps réel sur le moteur de recherche du site. On retrouve alors une liste de tous les messages qui portent le tag, classés par apparition. En résumé, si je crée le tag “#tagtest”, chaque fois que je mettrai #tagtest dans un message, il apparaîtra sur le moteur de recherche pour qui cherchera cette expression.

Par exemple, “#iranelection” est le tag le plus utiliser depuis lundi sur Twitter. Toutes les minutes, entre 300 et 1000 messages dans le monde utilisent cette expression. Les utilisateurs renvoient le même message plusieurs fois pour que l’information reste visible, mais cela rend le tout très brouillon. Imaginez que chaque minute, il faille survoler au moins 200 messages de 140 caractères pour pouvoir trouver une information intéressante. Au bout d’un certain temps et après une nécessaire adaptation à l’exercice, on se rend compte que beaucoup d’infos sont répétitives, mais que parfois, un lien nouveau apparaît et se reproduit des milliers de fois. Cette information est nouvelle, mais elle n’est pas encore confirmée. Au bout de quelques heures, il apparaît que les premières informations émanent souvent d’un même utilisateur. Bingo : vous avez trouvé une source. Pour s’assurer que la source est fiable, il faut juger au nombre de reproductions, mais aussi aux reprises de citations (re-twits), des utilisateurs connus comme d’autres sources fiables.

Le petit jeu des autorités de la censure, est de créer un immense bruit de fond, en reproduisant des centaines de fois le même message, pour noyer les nouvelles informations dans la masse, et ce avec de nombreux utilisateurs fantômes ainsi qu’à l’aide de messages différents et souvent bidons. Pour couronner le tout, il n’y a pas qu’un tag, mais plusieurs. Dans cette crise Iranienne, les principaux sont : #iranelection #iran9 #gr88 #iranians #tehran. Lire ne serait-ce que la moitié des informations qui sortent dans un seul tag n’est même pas envisageable quand le nombre de twits (les fameux messages de 140 caractères) dépassent le 220000 par heure, comme le mercredi 17 juin à 12H GMT

En prenant le temps et de l’énergie pour le faire, il est donc possible “d’aller pêcher des informations sur Twitter”. Mais c’est un peu comme s’évertuer à écouter un murmure, au beau milieu d’un concert de Hardrock, sonorisé par des enceintes de la taille d’une maison. Ou de tenter d’entendre quelqu’un qui vous parle alors que des milliers d’autres personnes le font en même temps. Ce n’est pas encore l’outil miracle, il faut le reconnaître dès la première connexion. Mais Twitter est facile d’utilisation. Et il est omniprésent dans les mouvements insurrectionnels depuis les émeutes de Grèce (Décembre 2008), quand la mort d’un adolescent assassiné par un policier, a fait le tour de Twitter en quelques minutes et que les premières manifestations se sont organisées sur internet.

C’est l’instantanéité et la facilité de diffusion qui fait tout, et ça les iraniens l’ont très bien compris.

En quelques heures, les bloggeurs iraniens anonymes, munis d’un téléphone portable avec une caméra et d’une carte dans un cybercafé, sont devenus des cyber-dissidents observés par le monde entier et pourchassés comme des cibles à éliminer prioritairement dans leur pays. Ceux qui n’ont pas pris quelques rapides cours de brouillage de leur connexion, via les multiples sites qui fleurissent partout à propos des proxies, sont en danger de mort. Ils ont sur une épaule les yeux du monde, et sur l’autre la kalachnikov des milices. Certains arrivent à passer des informations, malgré tout. Et c’est grâce à eux que le monde finit par s’informer, non plus grâce au travail des journalistes officiels, réduits à de simples fouineurs de YouTube pour illustrer leurs reportages.

Les bloggeurs iraniens sont indéniablement les héros de cette révolte, car ils ont tenu en échec un adversaire très talentueux.

Certains voient dans cette crise la main omniprésente des Etats Unis… Il faut d’abord savoir que les USA ne se sont jamais cachés de chercher à déstabiliser l’Iran en soutenant des mouvements insurrectionnels, via toutes les agences ou sociétés-écrans qu’ils possèdent. Mais la CIA ne contrôle pas tout, et l’analyse primaire qui consiste à dire que les élections sont le seul élément déterminant dans cette révolte, ne prend pas en considération la lame de fond réformatrice qui peut exister en Iran. Pour inventer des slogans tel que “Where is my vote ?”, pour proposer des connexions internet sécurisées via des serveurs basés sur le territoire américain, les agences de renseignement Américaines sont très qualifiées.

Mais malgré tous les talents manipulateurs des services secrets US, ils ne savent pas encore faire sortir spontanément 2 millions de personnes dans les rues d’une capitale, encore moins dans un pays islamique. Il ne faut pas oublier que, disons par proximité de civilisation, il est beaucoup plus facile pour les Etats Unis de participer, voire de provoquer une insurrection dans des pays comme l’Ukraine ou la Georgie. Mais l’Iran, ce n’est pas un pays dont la culture est bien maîtrisée, c’est un pays dans lequel il faut inventer de nouvelles méthodes de propagande et de manipulation qui n’ont pas toujours été testées et approuvées par l’histoire tentaculaire de la CIA. Ce sont encore des questions qui ne trouveront de réponses que dans plusieurs décennies, mais il est évident que réduire la révolte iranienne actuelle à un pantin américain contre le régime des mollahs, c’est donner beaucoup trop d’importance à des agences qui ne sont (pas encore) Big Brother. Il y a des signes qui montrent que des tractations sont en cours (avec twitter, les serveurs proxy qui rendent anonymes les connexions internet, l’évacuation de dissidents, l’espionnage…) mais il ne s’agit là que d’un bricolage hâtif et lointain, beaucoup plus lointain que l’empreinte flagrante de la CIA pendant la révolution Orange d’Ukraine en 2005. Il suffit d’ailleurs de voir comment le peu d’entrain des autorités Iranienne a dénoncé les manipulations des USA et d’Israël dans la révolte, peine à convaincre jusqu’au sein même du pays.

Nous avons devant les yeux une tentative forte d’un peuple désirant une ouverture politique, qui déclenche sa révolte après des élections frauduleuses. Il ne s’agit pas d’une révolution ou d’un coup d’état, les opposants ne cherchent pas à renverser l’hypothétique parlement ou le régime en lui même, ils veulent un changement de leader et récupérer au passage des libertés perdues. Le fait que l’Iran possède une milice concurrente à l’armée régulière, doté des pouvoirs d’une police politique, est entièrement responsable des débordements et des meurtres lors des manifestations du début de la semaine. Les Bassiji sont une partie du problème, indissociables du pouvoir en place qui en a modifié les prérogatives. Cette milice est devenue le symbole de l’oppression de l’état sur les citoyens, et ils se retrouvent logiquement en première ligne face à la révolte populaire, en l’amplifiant par sa violence.

Vu d’Europe, on pense à un basculement de régime, à l’instauration d’un nouveau système politique digne de la chute du mur de Berlin. Sauf que tous les analystes politiques et les spécialistes du moyen-orient crient à l’amalgame. L’Iran n’est pas l’Ukraine et encore moins le Nicaragua. Le gouvernement a une assise forte et des moyens pour subsister dans la tourmente. Il va faire comme aurait fait tous les autres gouvernements du monde à sa place : tenter de satisfaire la masse populaire en distillant certains verrous, en changeant certaines têtes et en créant une “grande coalition nationale de réconciliation”. Tout en maintenant le cap politique et un oeil farouche sur ceux qui se sont le plus exposé pendant les périodes de trouble. Il ne reste plus qu’à savoir si le peuple Iranien va se contenter de ce faux compromis, ou si les opposants vont continuer leur lutte jusqu’à en obtenir le maximum. Comme dans toute révolte, grève ou insurrection, plus le gouvernement va faire mine de lâcher du lest, et plus les militants vont abandonner leurs positions. Laissant progressivement les partisans de la manière forte à l’infériorité numérique, et tous les autres dans le désarroi

…..http://spiritofsirius.com

25 juin 2009 Publié par | 2009, Internet, Répression | , , , , | Laisser un commentaire

Iran : « Je n’ai jamais vu une manifestation aussi grande de toute ma vie »

source: http://www.bastamag.net/spip.php?article604

Par Rédaction (18 juin 2009)

Voici une chronique de la contestation contre le régime autoritaire et conservateur iranien. Ce témoignage nous est transmis par une correspondante iranienne qui vit à Téhéran et participe au mouvement démocratique. Nous sommes bien évidemment obligés de préserver son anonymat pour des raisons qui paraîtront évidentes à chacun. Les photos et vidéos qui l’accompagnent sont envoyées par les acteurs de la contestation via le réseau social Internet Twitter. Nous ne sommes pas en mesure de les créditer pour l’instant.

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Téhéran, mardi 16 juin, 3h58 du matin

Rapide mise à jour. Je suis exténuée. Tous les accès Internet sont coupés. Nous avons essayé de nous connecter via un modem, mais en vain. Même les appels téléphoniques vers l’étranger sont quasiment impossibles. Je vous remercie tous chaleureusement de me lire. Vous m’êtes d’un soutien extraordinaire. Même si je n’ai pas pu envoyer un seul email la nuit dernière. J’ai l’impression d’être Sisyphe…

Téhéran, le 15 juin

Aujourd’hui, au moins un million de personnes se sont réunies pour une marche silencieuse entre la Place de la Révolution et la Place de la Liberté. La foule s’étirait tout le long de l’avenue. Bientôt, il devint difficile d’avancer tant il y avait de monde. Impossible d’avoir un quelconque chiffre officiel de participation (de toute façon, celui-ci aurait été largement contestable), mais je n’ai jamais vu une manifestation aussi grande de toute ma vie, ici ou ailleurs.

Les gens ont marché calmement, les mains levées. On nous a averti qu’il fallait rester à l’intérieur du cortège, sinon la police allait tirer à balles réelles. En Iran, la police ne rigole pas. Mais bien évidemment, les gens n’écoutent pas ce qu’on leur dit. Ainsi, quand la nuit s’est mise à tomber, les Bassiji [miliciens islamistes rattachés au pouvoir théocratique, ndlr] ont ouvert le feu sur la foule, tuant une personne (dont la photo circule partout), et en blessant de nombreuses autres. La ville s’est de nouveau enflammée, mais j’étais déjà rentré chez moi à ce moment là.

Dans notre quartier, des Bassiji et des policiers étaient stationnés à un endroit stratégique au nord de notre maison, tapant sur la foule et sur les voitures, et leur ordonnant de rentrer chez eux. Vers 21h30, les gens se sont mis à monter sur les toits et à hurler “Dieu est grand” ainsi que “Mort à la dictature”. Nous avons entendu des détonations, qui ressemblaient à des tirs de gaz lacrymogène – bien que le gaz qu’ils utilisent ici en Iran soit plutôt de composition chimique inconnue. Nous avons également entendu des balles réelles.

IMG/flv/mirdamad.flv

Aujourd’hui, les étudiants de l’Université de Téhéran portent le deuil. Plusieurs de leurs camarades ont été arrêtés la nuit dernière, un des leurs a même été tué quand les Bassiji ont envahi leur dortoir et les ont frappés. La manifestation est passée devant l’Université. On pouvait voir les étudiants protester vigoureusement à l’intérieur, et parler aux gens à travers les grilles. Ils étaient tenus dans l’enceinte. Je ne vais pas m’étendre sur les décisions qui sont en train d’être prises dans les hauts rangs du régime, ou parmi les réformateurs. Ces gens, qu’ils incarnent le changement ou non, sont des leaders politiques problématiques au passé trouble.

(Policiers en civils à moto exhibant leurs pistolets, à la ceinture pour celui de gauche, à l’épaule pour celui de droite, ndlr)

Aujourd’hui, nous pleurons nos morts et nous nous préparons à d’autres morts encore. Mais quelque chose est en train de prendre forme, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’une réaction encore plus violente ne voit le jour.

Voici les noms des cinq personnes qui ont été tuées lors des affrontements d’hier et de samedi. Il s’agit de deux femmes et de trois hommes, tous enterrés au cimetière de Behesht Zahra, sans même que leurs familles soient prévenues : Fatemeh Barati, Kasra Sharafi, Mina Eterami, Kambiz Shoai, Mohsen Imani. Nous ne connaissons pas le nom de l’homme tué ce soir.

B.

(Traduction : Vincent Le Leurch pour Basta !)

18 juin 2009 Publié par | 2009, Iran, Liberté de manifestation, Luttes, Manifestations, Téhéran | , | Laisser un commentaire

   

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