Grenoble 26 et 27 juin : soutien au peuple iranien pour la liberté et un état laïque et démocratique
Soutien au peuple iranien pour la liberté et un état laïque et démocratique
La proclamation de la victoire de Mahmoud Ahmadinejad avec ses résultats invraisemblables et falsifiés a fait déborder le vase. Quotidiennement, massivement, les Iraniens manifestent leur opposition face à l’arbitraire. Ce régime, a choisi, parmi 350, les 4 candidats au suffrage électoral pour, finalement, désigner lui-même, le vainqueur.
Il n’y a pas à se déterminer entre M Ahmadinejad et M Moussavi. Les quatre candidats sont comptables du bilan sanglant de la République Islamique. Depuis 30 ans, tout comme le pouvoir Monarchique précédent, la République Islamique n’a pas hésité à bafouer les droits de l’Homme, à porter atteinte à la liberté, à l’égalité et à la dignité du peuple iranien, des femmes et des hommes de ce pays.
Cette mascarade d’élection a ouvert une brèche au sein du régime. Brèche dans laquelle se sont engouffrées les aspirations démocratiques de la population. À cette protestation pacifique et à ces manifestations sans violence, le “Guide” répond par la terreur, l’arrestation, le meurtre. Ses sbires, ses gardiens, ses miliciens attaquent, frappent, tuent des manifestants sans défense. Depuis le début de la contestation populaire, il y a eu 17 morts d’après le régime, beaucoup plus (au moins 100) d’après les observateurs, et plusieurs centaines de blessés, mais leur nombre réel est sans doute supérieur car la plupart d’entre eux évitent les hôpitaux de peur d’être arrêtés.
Le régime, par intimidation, par la force des armes, veut étouffer les manifestations pacifiques. Il empêche toute couverture médiatique de la répression. Mais la population trouve, chaque fois d’autres formes d’actions et des mouvement de grève se dessinent. Face à cette remontée de violence, nous réaffirmons notre soutien au peuple iranien dans sa lutte contre la Dictature et pour la démocratie, le respect et l’égalité des droits entre tous les composantes de la société sans discrimination et sans distinction de sexe, d’ethnie ou de religion.
NOUS EXIGEONS:
– l’arrêt des massacres et de toute violence et répression ;
– la liberté d’expression et d’organisation;
– la libération des manifestants arrêtés et de tous les prisonniers d’opinion.
Appel : CIIP, Iran Solidarté, LDH, LDH Iran Avec le soutien de : NPA, LDH 38, Etc.
Rassemblement d’hommage aux victimes avec bougie et lancer de ballons le vendredi 26 juin rue Félix Poulat – 18 h Rassemblement et manif samedi 27 juin – 15 h Félix Poulat
Iran : « Je n’ai jamais vu une manifestation aussi grande de toute ma vie »
source: http://www.bastamag.net/spip.php?article604
Par Rédaction (18 juin 2009)
Voici une chronique de la contestation contre le régime autoritaire et conservateur iranien. Ce témoignage nous est transmis par une correspondante iranienne qui vit à Téhéran et participe au mouvement démocratique. Nous sommes bien évidemment obligés de préserver son anonymat pour des raisons qui paraîtront évidentes à chacun. Les photos et vidéos qui l’accompagnent sont envoyées par les acteurs de la contestation via le réseau social Internet Twitter. Nous ne sommes pas en mesure de les créditer pour l’instant.

Téhéran, mardi 16 juin, 3h58 du matin
Rapide mise à jour. Je suis exténuée. Tous les accès Internet sont coupés. Nous avons essayé de nous connecter via un modem, mais en vain. Même les appels téléphoniques vers l’étranger sont quasiment impossibles. Je vous remercie tous chaleureusement de me lire. Vous m’êtes d’un soutien extraordinaire. Même si je n’ai pas pu envoyer un seul email la nuit dernière. J’ai l’impression d’être Sisyphe…

Téhéran, le 15 juin
Aujourd’hui, au moins un million de personnes se sont réunies pour une marche silencieuse entre la Place de la Révolution et la Place de la Liberté. La foule s’étirait tout le long de l’avenue. Bientôt, il devint difficile d’avancer tant il y avait de monde. Impossible d’avoir un quelconque chiffre officiel de participation (de toute façon, celui-ci aurait été largement contestable), mais je n’ai jamais vu une manifestation aussi grande de toute ma vie, ici ou ailleurs.
Les gens ont marché calmement, les mains levées. On nous a averti qu’il fallait rester à l’intérieur du cortège, sinon la police allait tirer à balles réelles. En Iran, la police ne rigole pas. Mais bien évidemment, les gens n’écoutent pas ce qu’on leur dit. Ainsi, quand la nuit s’est mise à tomber, les Bassiji [miliciens islamistes rattachés au pouvoir théocratique, ndlr] ont ouvert le feu sur la foule, tuant une personne (dont la photo circule partout), et en blessant de nombreuses autres. La ville s’est de nouveau enflammée, mais j’étais déjà rentré chez moi à ce moment là.
Dans notre quartier, des Bassiji et des policiers étaient stationnés à un endroit stratégique au nord de notre maison, tapant sur la foule et sur les voitures, et leur ordonnant de rentrer chez eux. Vers 21h30, les gens se sont mis à monter sur les toits et à hurler “Dieu est grand” ainsi que “Mort à la dictature”. Nous avons entendu des détonations, qui ressemblaient à des tirs de gaz lacrymogène – bien que le gaz qu’ils utilisent ici en Iran soit plutôt de composition chimique inconnue. Nous avons également entendu des balles réelles.
Aujourd’hui, les étudiants de l’Université de Téhéran portent le deuil. Plusieurs de leurs camarades ont été arrêtés la nuit dernière, un des leurs a même été tué quand les Bassiji ont envahi leur dortoir et les ont frappés. La manifestation est passée devant l’Université. On pouvait voir les étudiants protester vigoureusement à l’intérieur, et parler aux gens à travers les grilles. Ils étaient tenus dans l’enceinte. Je ne vais pas m’étendre sur les décisions qui sont en train d’être prises dans les hauts rangs du régime, ou parmi les réformateurs. Ces gens, qu’ils incarnent le changement ou non, sont des leaders politiques problématiques au passé trouble.


(Policiers en civils à moto exhibant leurs pistolets, à la ceinture pour celui de gauche, à l’épaule pour celui de droite, ndlr)
Aujourd’hui, nous pleurons nos morts et nous nous préparons à d’autres morts encore. Mais quelque chose est en train de prendre forme, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’une réaction encore plus violente ne voit le jour.
Voici les noms des cinq personnes qui ont été tuées lors des affrontements d’hier et de samedi. Il s’agit de deux femmes et de trois hommes, tous enterrés au cimetière de Behesht Zahra, sans même que leurs familles soient prévenues : Fatemeh Barati, Kasra Sharafi, Mina Eterami, Kambiz Shoai, Mohsen Imani. Nous ne connaissons pas le nom de l’homme tué ce soir.
B.
(Traduction : Vincent Le Leurch pour Basta !)





